CHAPITRE 1 :
Enoncé -
Démonstration - Applications
Ce théorème est plus facile à démontrer et à utiliser qu'à énoncer : Enoncé : Soit un quadripôle
amplificateur
de gain A
(A est
supérieur ou égal à 1 en valeur absolue). Une
impédance Z reliant l'entrée à la sortie est
équivalente à deux
impédances , l'une , Z1, en parallèle
sur
l'entrée valant Z / ( 1-A) ,
l'autre Z2 en
parallèle sur la sortie valant A.Z / (A -1).
Ce
phénomène est également connu sous le nom
d'effet
Miller.
Démonstration : Voici le quadripôle amplificateur de gain A en question ( fonction de transfert = A). . Nous avons Vs = A.Ve ( On désigne aussi ce quadripôle comme un circuit linéaire car Vs est une fonction linéaire de Ve). ![]() Nous amenons une impédance Z en parallèle au quadripôle reliant l'entrée à la sortie : ![]()
En nous
référant à
la loi d'ohm (sans oublier
la règle du signe - voir fig.2)
nous pouvons dire
que l'impédance Z est traversée par un
courant i sous une
tension qui vaut Ve - Vs
: pour être plus précis le
potentiel en
entrée étant Ve et celui en sortie
Vs , la différence de potentiel
entrée/sortie vaut Ve - Vs = Ve -
A.Ve = Ve (1-A).
![]() Connaissant
Z et la tension
sur Z je peux calculer i :
![]() ![]() Ce
courant
supplémentaire i imposé sur l'entrée par
la
présence de Z est prélevé sur le
générateur qui applique Ve. Ce
générateur voit l'impédance Z de la même
manière qu'il verrait une impédance Z1
en
parallèle sur l'entrée consommant
le même courant i.
![]() Que vaut Z1 ? En application directe de la loi d'ohm : ![]() Pour calculer Z2 nous considérons i entrant dans le quadripôle par la sortie et toujours en application directe de la loi d'ohm : ![]() ...ce
qu'il fallait
démontrer .
![]() Ce théorème est appliqué sur un étage amplificateur inverseur , donc A est négatif et grand devant 1 . On fait alors l'approximation Z1 =~ Z / A et Z2 =~ Z. On dit alors que l'impédance sur l'entrée est l'impédance Z divisée par le gain A. L'impédance sur la sortie est égale à Z. Attention : Nous ne ferons l'utilisation de ce théorème que dans les deux applications qui suivent. Il est conseillé de ne pas l'utiliser autrement : tout abus du théorème de Miller peut nuire gravement au raisonnement ! Applications : Les 2 applications que nous utiliserons sont systématiques dans tous les amplificateurs :
1.
Montage en
amplificateur
: A >> 1:
Nous
prenons le cas bien réel d'un
étage amplificateur représenté
ci-dessous par le
rectangle et son gain
A (
nous
verrons plus tard qu'il s'agit d'une
triode montée en cathode
commune et tous ces termes seront
explicités) . Dans ce montage
, ce gain en tension A est négatif
et sa valeur absolue est
grande devant 1 . Il faut
écrire |A| >> 1 .
Supposons A = -40.
![]() Nous
allons évaluer l'incidence d'une
capacité parasite C
(elle aussi bien
réelle) qui boucle l'entrée de
l'ampli avec la
sortie. Nous considérons
également l'étage
précédent représenté ci-dessus par
un générateur
de
Thévenin dont la tension est
Ve , supposée être
la tension d'entrée de A,
et dont l'impédance
de sortie
est Zs1.
![]() L'impédance
Zc
de la capacité C est
celle appelée Z
dans l'énoncé
du
théorème de Miller.
A étant grand devant
1 on peut faire les approximations
vues ci-dessus :
![]() ![]() On en déduit : ![]() et
:
![]() ![]() Tout
se passe donc comme
si la capacité C était
multipliée par le gain A avant
de se retrouver en
parallèle sur l'entrée de
l'amplificateur puisque Z1 = 1
/ jACw. On parle alors de l'effet
Miller . On appelle
aussi parfois la capacité
résultante AxC
la
capacité de Miller. On
constate aussi que la capacité C se
retrouve
en outre intégralement sur la
sortie ( Z2 =
impédance de C).
Ce phénomène limite en principe la bande passante de l'amplificateur car on voit se profiler sur le schéma ci-dessus deux filtres passe-bas l'un en entrée dont la fréquence de coupure est 1 / 2 Pi A.C.Zs1, l'autre en sortie dont la fréquence de coupure est 1 / 2 Pi Zs2.C. (si ces notions sont obscures il est impératif de revoir le chapitre sur les filtres ) Exemple numérique : Zs1 = 100 Ko A = 40 soit ..... dB ( calculer de tête ! - sinon revoir l'article : une unité pratique : le décibel ) C = 1,6 pF ( capacité parasite de la 12AX7) AC = 40 x 1,6 pF = 64 pF Fc = 1 / 2 x 3,1416 x 64e-12 x 100 000 = 24 900 Hz La
fréquence de
coupure est ici au-dessus de la bande
audio ( 20 kHz) car nous avons
choisi un
gain raisonnable de 40 et l'impédance de
sortie Zs1 est
également raisonnable : avec un gain A
de 100 et Zs1 = 200 ko,
la fréquence de coupure tombe en
-dessous de 5 kHz, donc
prudence dans les calculs de conception
!
En sortie il est rare que les valeurs soient critiques : si Zs2 = 100 ko (c'est souvent moins) fc = 1 / 2 x 3,1416 x 1,6e-12 x 100 000 = 99 500 Hz ( c'est sans conséquence en audio et la marge est grande). Attention néanmoins : Dans le raisonnement ci-dessus on a considéré que l'impédance d'entrée de l'amplificateur était grande devant Zs1 , ce qui est le cas en règle générale. Si ce n'est pas la cas il faut la prendre en compte : appelons la Ze2. ![]() On
voit sur le schéma
ci-dessus que nous trouvons avec Ze2
et Zs1 un diviseur de tension sur
Ve. Laissons de côté pour le moment
la capacité de
Miller ( AC) et cherchons quel est le générateur de
Thévenin constitué par Ve, Zs1
et Zs2 :
![]() Avant
de connecter le
générateur g qui nous permettra de mesurer
l'impédance de
sortie , nous voyons que la
tension de Thévenin du
générateur est maintenant :
![]() ![]() Pour
mesurer l'impédance de
sortie, nous connectons le générateur
g en sortie en
court-circuitant le générateur en
entrée comme vu
lors de l'exposé
de la
méthode
Nous voyons que la nouvelle impédance de sortie est Zs1 // Ze2 ![]() La
figure ci-dessus représente
le générateur de Thévenin obtenu
attaquant la
capacité de Miller AC. La fréquence de
coupure
devient maintenant :
![]() Conclusion
: La
prise en compte de Ze2 implique
que
la tension maintenant à l'entrée
de l'amplificateur est
atténuée mais que la fréquence de
coupure du
passe-bas en entrée est légèrement
plus
élevée du fait de la diminution de
l'impédance de
sortie.
2. Montage en adaptateur d'impédance : A = 1 Cette fois nous utilisons le quadripôle en adaptateur d'impédance. Son utilité est de s'interposer entre deux étages afin de réduire l'effet de l'impédance de sortie de l'étage précédent .Ses caractéristiques sont :
Ce montage présente physiquement également une capacité parasite entre l'entrée et la sortie. Mais quelle est son influence ? ![]() Avec
A = 1 , nous
voyons que VS = Ve et que Z1 et Z2
valent l'infini (= Z/0)
! Et une impédance infinie est une
impédance qui n'existe
pas !
Tout s'explique si nous reprenons notre schéma d'origine : ![]() Avec
A = 1 , Vs = Ve
et la tension sur Z est nulle
ainsi que le courant i. La
capacité parasite n'a donc pas
d'influence si A = 1.
Il
n'y
a donc aucun effet Miller sur
un montage adaptateur
d'impédance.
Comment
se sert-on de ce
montage ? Nous allons
comprendre son utilité en
reprenant notre
montage amplificateur
précédent ( A >> 1)
victime
de l'effet Miller :
![]() Rappelons que Ze2 est une impédance d'entrée à prendre en compte devant Zs1, impédance de sortie de l'étage précédent. Nous avons vu que Zs1, Ze2 et AC ne faisaient pas bon ménage car outre que nous avons un diviseur de tension , nous avons aussi un filtre passe-bas. Intercalons donc un adaptateur d'impédance : ![]()
Si
l'on reprend l'exemple
numérique ci-dessus on voit que
nous avons 500 ohms à
la place de Zs1 = 100 kohms. La
fréquence de coupure fc
est multipliée par 100000 / 500 = 200 !
Nous
avons donc également
supprimé l'effet Miller sur le second
étage dont on peut alors augmenter
considérablement le gain en
conservant toute la bande
passante audio.
On comprend ainsi l'usage très précieux que l'on peut faire d'un adaptateur d'impédance conçu comme un réducteur d'impédance. |